mercredi 26 mars 2014

Ma petite Amazonie, suite et fin!

Cela va faire deux ans maintenant que j'ai commencé l'aventure avec la création d'un bac sans filtration de type amazonien. Avant de passer à autre chose il est temps de faire une petite rétrospective en images de ma modeste expérience.

Ci-dessous, voici mon bac de 200lt environ "eau noire". A ses débuts il n'y avait aucune plante à racines, seulement des plantes flottantes. Aucun système de filtration à part un simple exhausteur pour la circulation de l'eau. Le décor était composé de racines et de feuilles mortes, catappa, chêne et noisetier. Sous le sable de Loire j'ai mis une couche de tourbe dans le but de faire baisser encore le pH.

Début de ma petite Amazonie 'eau noire'
Question filtration: cet aquarium n'a aucun système de filtration mécanique ou biologique. J'ai bien essayé plusieurs petites pompes de brassage de 300l/h, mais encore trop puissantes, j'ai finalement opté pour un petit exhausteur à air destiné aux aquariums de 40/50l, ceci pour créer un léger mouvement de l'eau et pour faciliter l'oxygénation des couches profondes. J'ai également essayé de me passer de tout brassage mais cela a provoqué la prolifération de cette épaisse couche gluante appelée biofilm. Ceci est dû aux dimensions spécifiques de ce bac -65cm de haut- qui ne permettent pas une oxygénation optimale d'où l'apparition de ce biofilm. Je sais bien que le bulleur fait monter le pH, mais je pense qu'il reste suffisamment de Co2 pour la bonne pousse des plantes comme on le voit sur les images plus bas.


Question Eau: J'ai fait descendre le pH de 8 à 6 grâce à un mélange de Volcania et d'eau de pluie. Ensuite, je compensais régulièrement l'évaporation par de l'eau de pluie et je faisais seulement deux changements d'eau par an.

Question population: 6 Gracilis ou Néon roses (Hemigrammus erythrozonus), 10 Corydoras Habrosus et 6 Otocinclus. Peu après j'ai introduit un couple de Ramirezi (Mikrogeophagus ramirezi), et enfin, 10 Cardinalis (Paracheirodon axelrodi)


Question plantes: plusieurs mois après et histoire de changer un peu j'ai eu envie d'y mettre des plantes. J'ai ainsi planté 3 ou 4 pieds de Vallisneria gigantea et une dizaine de pieds de Sagittaria subulata. J'ai enlevé les feuilles mortes du bac et ai arrêté d'en mettre de nouvelles. J'ai fait un changement d'eau pour remplacer l'eau noire par une eau de pluie plus claire, dans une eau très ambrée les plantes manquent de lumière. Sur une des racines qui perçait la surface restait un vieux filament séché de mousse de Java qui s'est finalement développé et que je n'ai pas voulu enlever. Aujourd’hui ce filament s'est transformé en une superbe mousse qui recouvre tout et ne s'est pas recouverte d'algues comme souvent avec la Vesicularya dubyana.

Ajout de quelques plantes
Pour les plantes flottantes, j'ai rajouté des Limnobium qui prospèrent et qui fleurissent, des Phyllanthus fluitans, aussi un spécimen de Pistia naine.

Limnobium en fleur
J'ai maintenu cette petite Pistia durant deux ans à l’extérieur en plein soleil sans grand succès, elle vivotait.  Mais ce bac semble lui convenir puisqu'elle ne s'est jamais aussi bien portée. En l'espace d'un mois seulement elle a fait une dizaine de stolons. Ses racines plongeantes sont tout aussi magnifiques à observer que celles de sa sœur plus grande, en voici une vue de dessous. Elle est idéale pour les petits bacs.


Question nourriture: Je nourris mes poissons principalement avec de la nourriture vivante 3/4 jours par semaine (artémias,  vers de vase, tubifex, larves de moustiques, daphnies et vers blancs) et le reste du temps avec des artémias congelées. Ci-dessus distribution de tubifex, les poissons n'ont pas compris qu'il y avait dans la mangeoire à manger, j'ai dû libérer les tubifex directement dans l'aquarium. Les Ramirezi ont finalement compris qu'il s'agissait là de nourriture et se sont jetés sur les vers une fois lâchés dans le bacs et tombés au fond.

Distribution de Tubifex

M. Rami mangeant les Tubifex au sol.


Pour les poissons de fond, je donne des pastilles de temps en temps, quand j'y pense, et pour les Otocinclus des rondelles de légumes pochées. 

Distribution de courgettes pochées pour les Otocinclus
Ci-dessous des vues de mon bac au jour d'aujourd'hui. Les gigantea se multiplient, font des stolons un peu partout, la subulata pousse même sous les racines où il n'y a aucune luminosité.

Ma petite jungle amazonienne

Je dois, bon gré mal gré, plonger mes mains dans le bac pour arracher les stolons qui envahissent tout l'espace disponible. La végétation explose!

La gigantea et la Sagittaria subulata se propagent rapidement

Remarques,  dans ce bac "naturel" sans filtration, les Mélanoïdes ne sont jamais montés à la surface, c'est simple, je ne les vois jamais sauf lorsqu'il viennent se nourrir sur le sable à la recherche de déchets organiques.  Dans mes précédents bacs "traditionnels" les Mélanoïdes montaient à la surface chaque soir après extinction des lumières.

Question température: je ne chauffe pas le bac, il est à t° ambiante, entre 20 et 22° durant l'hiver, 26/28° durant l'été. 

Enfin, je ne mélangerai plus jamais des Rami ou des Cichlidés nains avec des Characidés. Les Ramirezi sont des poissons magnifiques et intéressants, faciles, à la seule condition que les couples se soient formés naturellement et qu'ils ne soient pas mis en concurrence pour la nourriture avec des poissons beaucoup plus rapides qu'eux. D'ailleurs, j'ai perdu Mme Rami car exténuée des assauts répétés du mâle qu'elle n'avait pas choisi. Dorénavant je m'oriente vers une maintenance spécifique au détriment d'un bac d'ensemble, je pense que les poissons seront beaucoup mieux et moins stressés.

Je laisse ces poissons aller à leur terme naturellement, après je ferai un bac d'une tout autre nature, mais ceci est une autre histoire.

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mardi 4 mars 2014

Micro-poisson pour un méga-plaisir des yeux!

Voilà un mini-poisson facile à maintenir dans un petit aquarium. Il s'agit du Danio Erythromicron. Comme son nom l'indique, c'est un micro-poisson qui ne dépasse les 2cm à l'âge adulte, qui se contente de l'eau de conduite, d'un petit espace, et qui se reproduit très bien en captivité. 

D. Erythromicron
Il vient du lac Inlé au Myanmar. Ce lac est connu pour ses îles constituées d'un enchevêtrement de plantes flottantes, les habitants y construisent leurs maisons sur des pilotis. L'eau est claire, peu profonde et lente, la végétation dense est composée, entre autres, d' Élodées et de Cératophyllum. Je passe sur sa description, la photo, ci-contre, parle d'elle même. Les femelles sont, comme souvent chez les poissons, légèrement plus pâles et ont un ventre plus rebondi. C'est un poisson timide qui se cache dès qu'il aperçoit du mouvement devant l'aquarium. Il n'en reste pas moins très actif et très sauvage. Il se déplace à la vitesse de la lumière, en revanche, lorsqu'il est à l'affût il reste immobile comme ces insectes lorsqu'ils butinent le pollen d'une fleur. Les mâles se cherchent et se coursent sans relâche dans le but de dominer le groupe. On peut réussir à l'observer si on ne bouge plus une fois installé devant le bac. C'est un goinfre jamais rassasié, malgré sa petite taille, c'est un prédateur redoutable, il est toujours en mouvement à la recherche de la moindre proie vivante. J'ai beau les nourrir copieusement plusieurs fois par jour, j'ai jamais constaté des ventres dilatés prêts à exploser. Ont des ventres tels un puits sans fond!

Erythro. qui daignent se montrer
On peut maintenir 6 individus dans un aquarium à partir d'une quarantaine de litres. Chez moi, ils vivent dans un bac de 55l très planté, avec une végétation dense composée d’Élodée, de mousse de Java, de Cératoptéris cornuta, d'Hygrophila difformis et beaucoup de plantes flottantes. La végétation doit leur permettre de trouver des cachettes à cause de leur caractère timide, plus le bac sera planté, plus ils oseront se montrer.  En ce qui concerne les paramètres de l'eau, il leur faut une eau dure, d'un PH compris entre 7 et 8, l'eau du robinet fera l'affaire si non chlorée et sans nitrates. Étant donné qu'ils n'aiment pas une eau acide, il faudra éviter les feuilles mortes et les racines, sauf si bouillies auparavant.  Je pense aussi qu'il vaut mieux ne pas les mélanger avec d'autres poissons à cause de leur caractère timide dû à leur petite taille. Ils ne sont pas à mettre dans un grand bac d'ensemble, si non ils risquent de devenir la proie de poissons plus gros et plus agressifs. Aussi, il ne faut pas les mélanger avec des Danio Margaritatus avec lesquels ils risquent de se reproduire et donner naissance à des spécimens hybrides. 

Des Erythromicron flous!
Personnellement, je les maintiens à une température ambiante de 19/20°, dans un bac sans filtration et sans  aucun mouvement de l'eau. Soit dit en passant, aucune trace d'un film ou biofilm quelconque à la surface. En fait, ils n'aiment pas le courant puisqu'ils proviennent d'un lac à eau lente, voire stagnante, et, comme ils polluent très peu, aucun filtre n'est nécessaire, les plantes suffisent à maintenir leur habitat sain. Je ne fais pas de changements d'eau non plus, je compense simplement l'évaporation avec de l'eau du robinet vieillie,  pour ce faire j'ai toujours un seau d'eau de conduite préparée à l'avance que je laisse vieillir à l'extérieur. De temps en temps, quand j'y pense, je vérifie simplement les paramètres, pour l'instant tout va pour le mieux. Je ferai un changement d'eau partiel une à deux fois par an.

C'est un poisson qui se reproduit tout au long de l'année à une t° de 19/20°. Une quinzaine de jours après leur introduction dans le bac, ils s'étaient déjà reproduits, et ça continue. J'ai ainsi, aujourd'hui, des poissons de différentes tailles. Parait-il qu'ils auraient tendance à manger leur ponte, mais ce n'est pas plus mal, dans le cas contraire, le bac deviendrait rapidement trop petit.

Nourrissage avec des artémias
Question nourriture, je leur donne une nourriture variée, paillettes finement écrasées pour les alevins, artémias congelées, deux à trois jours par semaine des Tubifex vivants, des Daphnies et Artémias vivantes, des vers de vase et larves de moustiques aussi gros qu'eux. Je pense vraiment que la nourriture vivante leur est indispensable, comme je le disais, ce sont des prédateurs voraces, cela permet de maintenir leur instinct de chasseur en éveil tout en freinant leur appétit envers leur propre ponte. De plus, c'est un réel plaisir de les voir se jeter sur leurs victimes, ils scrutent le moindre interstice, la moindre cachette à la recherche de proies, faut voir comment ils s'acharnent à déchiqueter des vers deux fois plus longs qu'eux! Heureusement que ce sont des poissons de petite taille, s'ils avaient la taille d'un Discus, il n’hésiteraient pas à "bouffer" la main qui le nourrit! 

Bref, c'est un micro-poisson extrêmement sympathique, facile, accessible à tous, ayant beaucoup de qualités et de minimes exigences. A adopter par tous ceux qui souhaitent admirer un poisson à l'instinct meurtrier et qui ne peuvent s'offrir le luxe d'avoir des Piranhas dans leur salon.

Bon, je l'avoue, j'ai un peu exagéré.... mais pas tellement en fin de compte.

Stay in touch!