mardi 15 octobre 2013

La taille n'a aucune importance!

Lemna Minor et Spirodela Polyrrhiza

Voici la plus minuscule des plantes flottantes, dont la petite taille n'altère en rien son efficacité dans l'épuration de l'eau, des aquariums, et des bassins petits ou grands.

C'est, d'abord, la lentille d'eau ou Lemna minor. Beaucoup la connaissent déjà, mais certains ne se doutent pas de toutes les possibilités qu'elle offre, ou offrira, dans un futur plus ou moins proche. Elle est présente partout sur le globe, et s'adapte à toutes les températures. Elle a une croissance fulgurante, tous les 16 à 24h elle double sa masse en se divisant, comme le ferait les organismes unicellulaires. Pour croître, elle a besoin simplement de lumière et d'une eau "sale", c'est pourquoi elle prolifère dans les eaux polluées.

Ses atouts:
Dans nos aquariums, sans filtration et riches en nutriments, elle prospère sans aucun problème. A elle seule, elle est capable de maintenir l'eau d'un bac seine, elle absorbe les matières azotées, aussi les phosphates, et même les nitrites! Ses capacités d'épuration sont un atout indéniable pour tout aquarium naturel. En recouvrant la surface, elle est un plus pour les alevins qui y trouvent refuge et nourriture, en tamisant la lumière, elle freine le développement des algues. Dans les poubellariums ou bassains, elle contribue à garder l'eau fraîche pour les poissons.
Présente partout, dans les mares, les étangs et autres plans d'eau à cours lent, on peut la ramasser sans craintes et en faire la culture, cela gratuitement. Si non, dans les magasins, elle est peu chère.
C'est une nourriture idéale, naturelle et gratuite, pour les poissons herbivores, les poissons rouges en raffolent, elle les aide à maintenir un système digestif sain.

Ses défauts:
Si elle a besoin de quelques centimètres d'eau pour vivre, il lui faut, en revanche, une surface importante pour se répandre. Dans de bonnes conditions, elle atteint plusieurs centimètres d'épaisseur. Certains la détestent et la considèrent comme invasive, c'est vrai qu'elle peut en quelques jours couvrir la surface d'un étang. et asphyxier la flore en-dessous. Dans les plans d'eau polluée par les rejets de l'agriculture industrielle, son développement quasi exponentiel à pour conséquence l'eutrophisation du milieu aquatique. Les plantes, en dessous, privées d'oxygène et de lumière dépérissent. Elle peut induire un grave déséquilibre biologique là où elle s'établit. Mais c'est bien parce qu'à la base le plan d'eau est déjà fortement pollué, si elle n'était pas présente, l'eau de ces étangs resterait polluée encore combien de temps et quelles en seraient les conséquences? Il me semble injuste et déraisonnable d'accuser la nature, dont les lentilles d'eau font partie, d’asphyxier nos plans d'eau, alors que seul l'homme et sa folie en est responsable. La nature, elle, s'équilibre toujours d'une manière ou d'un autre.

Mais...
Dans un aquarium, elle peut aussi devenir envahissante et priver les plantes aquatiques de lumière, si c'est le cas, il suffit d'en ramasser chaque semaine avec une épuisette pour la contenir, en ayant pris le soin de ne pas, par la même occasion, capturer des alevins qui pourraient se trouver en dessous. En cas d’envahissement d'un étang, l'introduction de canards suffit à en venir à bout, sans parler des poissons rouges qui s'en régalent également.

Elle est déjà utilisée pour la dépollution des eaux usées de manière naturelle. Riche en protéines, elle constitue un aliment de choix pour les animaux d'élevage. Certains la cultivent déjà et l'utilisent comme nourriture pour leur volaille, nourriture naturelle, abondante et gratuite! Non maîtrisée, elle fait des dégâts, mais contenue et raisonnablement utilisée, elle peut devenir un atout formidable dans l’assainissement des eaux en apportant sa contribution au développement durable et à l’agriculture biologique. Elle n'a pas fini de nous surprendre!

Voici maintenant une autre lentille, c'est la Spirodela Polyrhiza. Bien plus grande que la précédente, et plus rare, elle est pourtant présente presque partout dans le monde, et dans de nombreux habitats d'eau douce en France.
C'est une vivace, elle se développe durant la belle saison, pour se mettre en repos durant la saison froide. Elle ne disparait donc pas l'hiver. Chez moi, elle a passé ces deux derniers hivers à l'extérieur, mais à chaque printemps, elle est repartie de plus belle. Elle se développe même sous une lumière modérée, voire à l'ombre. Moins prolifique que la Lemna Minor, elle est plus facile à contenir. 

Elle possède les mêmes qualités d'épuration et est tout aussi utile dans nos aquariums. D'après certaines études scientifiques, il a été démontré que la Spirodela était capable d'éliminer de l'eau même les métaux lourds, comme le cobalt, le zinc, le cuivre, le chrome, et ce en un temps record.

Esthétiquement, elle est plus intéressante pour les aquariophiles, ses feuilles vues de dessous, sont d'une belle couleur rouge, plus agréable à l’œil. Parait-il que certaines plantes aquatiques, comme la Cabomba carolina, la Cératophyllym demersum, la Myriophyllum aquaticum, la Najas guadalupensis, la Vallisnera americana, parmi d'autres, limitent sa prolifération, tandis que le Nuphar lutea la tue, tout simplement! 

Les deux lentilles sont des plantes sexuées et produisent des graines, leurs fleurs, elles, sont splendides, sauf qu'elles ont été observées pour la dernière fois en 1906!

Bref, non contrôlées, ces plantes minuscules sont une vraie plaie, mais grâce à une culture maîtrisée et bien menée,  elles peuvent rendre de grands services.

En résumé, c'est comme pour tout le reste, une question de connaissance, d'observation et de savoir faire, non?!

Stay in touch!
Dani

vendredi 4 octobre 2013

Mini mare, mise en place en sept étapes.

Rien de plus simple que de créer dans son jardin, sur son balcon ou sa terrasse, un plan d'eau vivant et chatoyant. 

Voici en quelques points une façon, parmi d'autres, sur la manière de procéder. Pas besoin d'être un grand expert en aquariophilie, c'est si simple que beaucoup en seront étonnés.

I - Le contenant

Aujourd'hui, on peut trouver dans les jardineries des contenants susceptibles d'abriter une vie aquatique et de devenir de vraies mares presque naturelles:

Il y a la fameuse poubelle de 80l, qu'on trouve partout, aussi bien dans les jardineries que dans les grandes surfaces, ou dans les magasins de bricolage.

D'une hauteur de 55cm, et d'un diamètre de 50cm, ces poubelles peuvent être enterrées aux ¾, ce qui permet d'avoir au fond de la poubelle des t° plus clémentes durant l'hiver et plus fraîches pendant l'été. Aux alentours de 10€ dans les grandes surfaces.

 
Pour ceux qui voient grand et qui possèdent un jardin, il y a la     possibilité d'acquérir ce récupérateur d'eau de 300l. Avec 85cm de haut et d'un diamètre de 79cm env. ce contenant peur être enterré.  Même si la surface gèle, la température au fond du contenant sera toujours suffisante pour la vie des poissons. Aux alentours de 20€ dans les magasins de bricolage. 

Les deux contenants ci-dessus sont fournis avec un couvercle, ce qui est bien pratique l'hiver et lors de pluies persistantes. Pour éviter le gel et le débordement, il suffit de poser le couvercle sur deux tasseaux de bois. 


Il y a aussi, depuis peu, des contenants en plastique noir de 80l également. Avec ses 35cm de hauteur et d'un diamètre de 61cm environ, ce genre de contenant offre les dimensions idéales pour une excellente oxygénation de l'eau et un meilleur échange gazeux.
On trouve ce genre de bassine dans les jardineries aux alentours d'une 30€.


Enfin et pour terminer sur les contenants, on trouve des bassins de 300l, toujours en plastique noir, d'une hauteur de 35cm et d'un diamètre de 110 env. Ces dimensions sont optimales, car ici les poissons auront un espace de nage beaucoup plus vaste, et l'oxygénation sera à son maximum. Mais ces bassins ne peuvent être installés dans le nord où les hivers sont beaucoup plus rudes. La faible hauteur de ses bassins fait courir le risque de voir le bassin geler à cœur. Ces bassins sont à utiliser dans le Sud où les températures sont beaucoup plus douces l'hiver. 

Il est vrai que ces plastiques ne sont pas très esthétiques, mais il est toujours possible de les camoufler, les trucs et astuces ne manquent pas, c'est à chacun de faire preuve d'inventivité! 

II - Choix de l'emplacement

Ces bassins ou poubellariums ne devraient pas être placés en plein soleil, d'une part pour éviter la prolifération d'algues, et d'autre part pour éviter des températures trop hautes.

Il vaut mieux les placer de façon à ce qu'ils reçoivent la lumière 3 à 4 heures par jour, grand maximum. Chez moi, les plantes reçoivent la lumière solaire deux heures par jour et elles poussent de façon à former une végétation impénétrable.

III - Quand l'installer, substrat, mise en eau?

Installation et mise en eau.
On peut installer son bassin fin mars, les poissons, eux, seront introduits deux à trois mois plus tard. Aucun substrat n'est nécessaire, au fur et à fur mesure un mulm (déchets organiques) se formera au fond du bassinarium, dans lequel la micro-faune trouvera nourriture et refuge. Dès le début on y mettra des plantes, des escargots comme les Physes, des détritivores comme les Ostracodes ou les Aselles, voire les deux. Pour la mise en eau, on peut placer le contenant de notre choix à l'emplacement prévu et laisser faire la nature, en laissant la pluie le remplir naturellement et entièrement. Une autre solution, et dans le but d'accélérer le processus, on peut commencer le remplissage avec de l'eau de conduite et laisser la pluie faire le reste.

IV - Quelles plantes y mettre?

Les plantes sont indispensables pour assurer l'épuration de l'eau et son oxygénation, et pour les cachettes qu'elles offriront aux poissons et à leurs alevins.

Les plantes les plus rustiques sont les meilleures, la Cératophyllum, l'Elodée, la Najas, etc... Les plantes flottantes sont aussi indispensables, les lentilles d'eau comme la Lemna minor ou la Spirodela Polyrhiza, l'Hidrocaris morsus ranae, la Stratiote Aloides, la Trapa natans. Évidemment il ne s'agit pas de les mettre toutes, mais d'en choisir une ou deux. D'autres flottantes sont disponibles dans le commerce, mais étant des plantes exotiques elles risquent de disparaître durant la saison froide. On peut également introduire dans un panier garni de substrat pour plantes de bassin des plantes palustres, un Cypérus, un nénuphar nain comme le Nymphoides Speltata ou des Iris d'eau.

V - Rodage ou pas rodage ?

Micro-faune
Oui, comme pour un aquarium, un laps de temps de deux à trois mois sans poissons est nécessaire pour favoriser l'établissement d'un équilibre biologique. Durant cette période, la micro-faune va s'établir et se développer, la flore également, les poissons trouveront dès leur arrivée une nourriture vivante en abondance. Si le bassin est dans un jardin, les feuilles mortes vont tomber dedans, laissez-les, elles vont nourrir les micro-bestioles. Les paramécies vont se développer, des organismes en tout genre vont coloniser l'habitat, ci-contre on voit une nuée de micro-organismes parmi lesquels des cyclops et des puces d'eau.

VI - Quels poissons choisir?

Évidemment, il n'est pas ici question de poissons rouges, ceux-là ont besoin de beaucoup plus d'espace, et on les laissera à ceux qui ont de véritables bassins faits en dur. Mais, pour notre plus grand bonheur, il existe des poissons exotiques qui vivent très bien dans ces petits contenants, et ce toute l'année! Le Tanichthys albonubes, le Macropodes Ocellatus, le Notropis chrosomus, les Aphanius, et évidemment les fameux Gambusie. Tous ces poissons vivent même sous une faible couche de glace, à la seule condition que le bassin soit suffisamment profond.
Tout comme les poissons en aquarium il faudra les nourrir, le plus souvent avec de la nourriture vivante. Durant l'hiver il faudra espacer la distribution de nourriture, car les poissons hiberneront au fond du bassin. Si toutefois ils se mettent à frétiller à la surface c'est qu'ils ont faim, à ce moment-là il faudra les nourrir avec parcimonie.

VII - Entretien

L'entretien se résume à contenir les matières végétales en trop et à remplir le bassin d'eau neuve.
Les plantes vont se développer, grandir et auront tendance à envahir tout l'espace, il faudra contenir leur développement en coupant les tiges superflues qu'on compostera.

Durant les saisons chaudes, il faudra simplement compenser l'évaporation. C'est tout! Dans un jardin c'est facile, on a toujours un seau ou deux d'eau de pluie. Sur un balcon, il faudra y mettre de l'eau de conduite, après avoir pris le soin de la laisser reposer une douzaine d'heures pour éliminer le chlore.

Épilogue

Après deux mois mon petit bassin, ci-contre, est prêt à recevoir des poissons. La végétation s'est bien développée, le bassin est plein de vie en tout genre. A l'évidence l'eau est saine, pas besoin de bandelettes ou de tests à goutes. 
Mon seul dilemme est de savoir quelle espèce de poisson vais-je y mettre? Peut-être aucune, il se pourrait bien que je laisse ce point d'eau libre de tout prédateur. Mes Rainettes, nées il y a peu, trouveront-là un bon refuge pour leurs futures galipettes! 

Bref, vous l'aurez compris, pas bien compliqué d'avoir un plan d'eau sur son balcon ou dans un jardin, et à peu de frais. 

Vous-ai-je dit que ces bassins, bassinariums, poubellariums sont filtrés par les plantes et que les poissons n'ont pas attendu un filtre artificiel pour être en forme ?!


Pour aller plus loin, et pour échanger avec des pro de la poubellarisation, il y a le fameux site des fêlés du bocal ici. Qui sait, peut-être que vous allez avoir le privilège de converser avec le Grand Gouru de la Poubelle Cosmique, en tout cas je vous le souhaite!

Aquatiquement vôtre! 
Dani