dimanche 28 juillet 2013

Isolation

Elles sont réputées pour leur facilité de maintenance et conviennent donc bien à tout un chacun.

Mais elles conviennent surtout à ceux qui, comme moi, ne veulent pas se compliquer la vie tout en ayant la satisfaction de se rincer l’œil en scrutant leur activité incessante. 

Dans les boutiques aquario, près de chez moi, peu d'espèces sont disponibles. En fait, les Red cherry étaient les seules proposées à la vente, c'est pourquoi je les ai adoptées. Mais on peut en trouver d'autres dans les animaleries qui, il faut le reconnaître, se sont bien améliorées ces dernières années. On peut en trouver également sur internet, elles supportent très bien le voyage, s'il n'est pas trop long, et si les boutiques sont sérieuses. Si elles sont achetées sur internet l'acclimatation doit être effectuée plus sérieusement.

Bref, si je me suis décidé aujourd'hui à en faire un article c'est à la suite de cette affirmation trouvée sur un forum:
"...les red cherry sans filtre c'est compliqué, ça t'obligera à faire des changements d'eau très fréquents..."

Ben non, les Red cherry se portent aussi bien dans un bac sans filtration qu'à l'extérieur, dans un point d'eau exposé aux grands vents durant l'hiver. Dans les deux cas sans aucun changement d'eau,  ne sont donc pas si difficiles que ça.

Je vous présente donc ma "big mama" qui a passé l'hiver dehors sans aucun changement d'eau, enceinte jusqu'au dents, écarlate, elle pète de vie!

Chez moi, elles ont d'abord vécu à l'intérieur, dans mon premier bac low-tech avec les Tanichthys albonubes, où elles cohabitaient aussi avec des Aselles. En avril 2012, elles sont parties vivre leur vie à l'extérieur dans une poubelle transformée en jardin aquatique. C'est là qu'elles ont passé l'hiver 2012/2013 sans aucun souci, et ce, malgré un mois de janvier très froid avec pas loin de 0°. Est-on encore sur la Côte d'Azur, je me le demande, ou tout ceci n'est que le fruit du réchauffement climatique ou de la dérégulation que certains nomment mondialisation, je m'y perds un peu ?!

Évidemment je n'y suis pour rien, c'est qu'elles sont coriaces les mastodontes. Elles sont habituées à des variations extrêmes de t°. Dans leur habitat d'origine, cours d'eau et ruisseaux de Chine et de Corée, la température extérieure durant l'hiver avoisine le 0° et 28 l'été. C'est pas étonnant qu’elles soient toujours en  forme au jour d'aujourd'hui.

Ce qui est étonnant chez les crevettes c'est que, contrairement aux poissons,  les femelles soient plus belles que les mâles. Est-ce une revanche de la nature et une joie pour les Femen, je n'en crois rien. Même chez les Red cherry les mâles sont beaux, certes moins colorés et plus petits, mais leur robe est plus subtile. Encore faut-il avoir le coup d’œil et la sincérité de le reconnaitre, il faut aussi pouvoir les photographier et ça c'est pas gagné compte tenu de la jungle impénétrable dans laquelle elles vivent. La couleur de base des Red cherry ou crevettes cerise tire vers le rose, mais leur coloration varie fortement suivant les conditions de maintenance. On voit la différence sur les photos, la couleur peut varier du rose pâle à un rouge intense, si si ce sont bien les mêmes!
Elles aiment les fruits et légumes pochés, les feuilles d'orties séchées également. Je dois avouer,  j'ai jamais beaucoup nourris mes crevettes, et l'hiver à l'extérieur, elles hivernaient, ne se nourrissaient pratiquement plus. Le reste du temps  elles trouvaient tout ce qu'il leur fallait dans leur habitat naturellement, les photos ne mentent pas! Ce qui ne veut pas dire que l'on peut en faire ce qu'on veut, c'est à chacun de faire ce qu'il faut pour les maintenir dans les meilleures conditions possibles.

Il leur faut un bac suffisamment grand et bien planté,  si possible low-tech et non chauffé. Un bac de 60 litres pour 6 crevettes ma parait être un minimum, après à chacun selon sa conscience. Certains les maintiennent à 8 ou 10 dans 20 litres d'eau, ça ma paraît pas très raisonnable. Chez moi elles ont droit à de l'eau de pluie, mais comme elles sont issues d'élevage, elles sont peu exigeantes quant à la qualité de l'eau avec un PH qui peut varier de 6.5 à 8. 

Contrairement aux poissons, les crevettes mènent leur vie tranquillement et ne demandent rien à personne, semblent autonomes et n'avoir besoin d'aucune intervention de leur propriétaire.

Si elles pouvaient parler leur devise serait: pour vivre heureux, vivons cachées!

Stay in touch!
Dani.

mardi 23 juillet 2013

Interzone


Phyllanthus Fluitans, timide et flottante.
Je la gardais sous le coude pour en faire un article un jour ou l'autre, mais comme je sais que certains de nos gentils visiteurs envisagent la création d'un aquarium de type amazonien, je me suis décidé à vous la présenter aujourd'hui.

Peut-être qu'elle fera des heureux.

On peut la mater sous toutes ses coutures sans rougir, elle est aussi belle dessous que dessus.

Ses feuilles flottantes, de 1 à 2 cm de diamètre, arborent une belle coloration d'un vert tendre, et sous un éclairage plus intense sa couleur vire au rouge brique, doit être quelque peu timide tout de même. Dans les conditions adéquates elle fait de minuscules fleurs roses et des graines, mais peut se multiplier aussi par bouturage. Vue de dessus, elle forme avec ses feuilles très serrées un tapis touffu et tendre à la surface de l'eau tamisant ainsi fortement la lumière et donnant une coloration rougeâtre à l'eau du bac.

En revanche, lumière forte ou pas, les feuilles au contact de l'eau ainsi que ses radicelles de 2 cm sont toujours d'un rouge intense, ça donne un aspect magnifique et très naturel vu de dessous.

Grâce à sa coloration peu commune c'est une bien belle plante et idéale si on cherche a créer un biotope de type amazonien, elle peut très bien compléter la Limnobium laevigatum ou la Pistia stratiote. D'ailleurs, comme ces dernières, elle vient d'Amérique du Sud et supporte des t° entre 18 et 30°, un PH entre 5 et 8. Parait-il qu'il faut la faire hiverner sous un éclairage fort mais ça reste à confirmer. Si, comme on le dit elle ressemble à la Salvinia Natans, cela est fort possible. Durant l'hiver j'ai maintenu la Salvinia dans un bac placé dans le véranda, où il y avait alternance entre nuits très fraiches et grand soleil durant la journée, aujourd'hui elle se porte à merveille. Mais pour la Phyllanthus je ferai le test l'hiver prochain et vous tiendrai au courant.
C'est une plante qui pousse assez lentement mais s'adapte très bien à n'importe quel aquarium. C'est simple je ne la vois pas grandir comme les autres flottantes, malgré cela j'ai déjà dû la composter plusieurs fois en l'espace de 4 mois, c'est qu'elle doit pousser quand-même, non? Et promis, je la regarde toujours avant l'apéro pour ne pas après la voir en double!

A l'instar d'autres plantes flottantes, elle est un refuge pour les alevins et ses radicelles sont un nid de paramécies, ça c'est un plus incontestable pour les bacs de reproduction.

Question nourriture, j'ai vu plus d'une fois des Mélanoïdes brouter ses radicelles qui retiennent des nutriments, et je me suis dit, combien doit leur sembler long le chemin pour y parvenir...

Le seul bémol, ben oui faut bien qu'il y en ait un, est qu'elle ne supporte pas le courant, si celui-ci vient à noyer ses feuilles elle dépérit rapidement. Mais pour les bacs low-tech où le courant est plutôt faible, voire inexistant, cette faiblesse n'en est pas une, n'est-ce pas?!

Dans les bassins, si elle s'est bien acclimatée, elle est encore plus belle, ses feuilles doublent voire triplent de volume avec sa couleur rouge intense grâce au soleil. Mais gardons-là plutôt dans nos aquariums, nous avons assez de plantes rustiques autochtones pour composer de beaux jardins aquatiques à l'extérieur.

Bref, elle est de toute beauté, idéale pour un rendu sombre du bac, elle protège et nourrit les alevins, elle même se nourrit en puisant les nutriments dans l'eau et n'est pas très envahissante, que des qualités, aucun défaut. A adopter au plus vite!


Stay in touch
Dani

jeudi 18 juillet 2013

Pour les nostalgiques seulement!

Même s'il y a un rapport indirect il ne s'agit pas d'aquariophilie à proprement dit dans ce billet. Il s'agit de revenir un peu dans notre enfance quand tout nous paraissaient beau, merveilleux avec des découvertes à la pelle et que tout nous semblait permis. Pour ceux qui ont passé leur enfance à la campagne savent à quoi je fais allusion. Certains passaient des heures à observer la nature et à scruter les mares et les cours d'eau libres comme l'air, d'autres apprenaient à pêcher.

Ça me rappelle logiquement les vers d'une chanson écoutée un petit million de fois dans ma jeunesse et qui me parait être en lien direct avec mon introduction:

"...When I was young, it seemed that life was so wonderful, a miracle, it was beautiful, magical
And all the birds in the trees, well they'd be singing so happily, joyfully, playfully, watching me
But then they send me away to teach me how to be sensible, logical, responsible, practical
And they showed me a world where I could be so dependable, clinical, intellectual, cynical
There are times when all the world's asleep
The questions run too deep for such a simple man
Won't you please, please tell me what we've learned
I know it sounds absurd but please tell me who I am..."
Pour ceux qui sont tout comme moi nostalgiques de ces années idylliques voici le lien, histoire de se les remémorer.

Bon je sais, je m'égare un peu ou beaucoup et je chante faux, ok, ok je reviens à mes moutons.

Vous vous souvenez, sans aucun doute, que l'année dernière je vous avais parlé brièvement de ma rainette morte de peur à cause d'un chat un peu trop joueur, cette année la nature semble avoir pris sa revanche en me gratifiant de plusieurs dizaines de ces petites grenouilles vertes, magnifiques, amicales, espiègles et quelque peu sans gêne.
Ainsi j'ai eu la surprise de découvrir que des rainettes, Hyla meridionalis, avaient élu domicile dans une poubelle où je pensais stocker provisoirement des limnobium en vue d'un échange. Logique me direz-vous, c'est pas pour rien que la limnobium est surnommée grenouillette américaine, il était donc normal que les rainette y établissent leur nid d'amour, et compte tenu de la saison ce qui devait arriver arriva. J'ai eu plein de têtards nés dans cette poubelle et qui sont déjà partis, pour certains, en tant que grenouilles à la découverte d'un monde nouveau qui s'offre dorénavant à elles. Moi pendant tout ce temps, je suivais ce manège tout en prenant des photos et le soir venu je m'endormais bercé par les coassements de mes nouveaux locataires aquatiques.

On me reproche, si si je l'ai bien remarqué, de ne pas être assez présent sur le blog, mais voyez à quoi je passais mon temps ces dernières semaines. C'est simple, je ne sortais jamais dans le jardin sans mon APN, mais je dois me limiter parce que j'ai à ma disposition pas moins d'une soixantaine de photos, évidemment il n'est pas question de les mettre toutes.


Dans un premier temps, ce sont les pattes arrières qui se développent, puis les pattes avant. A partir de là, elles arrivent à se hisser sur un support flottant et au bout de quelques jours elles finissent aussi par perdre la queue. C'est à ce moment-là qu'elles quittent définitivement le milieu aquatique originel. Au départ de leur vie en tant que rainette leur couleur est brune, c'est seulement au bout de quelques jours qu'elles arborent leur belle couleur verte. On voit aussi, sur les photos, que les limnobium en ont pris un coup. Elles ne servent pas aux rainettes uniquement de support durant leur transformation, mais leur procure aussi de la nourriture. Les têtards étant des herbivores, et mis à part les algues qu'ils aiment brouter, ils n'hésitent pas à s'attaquer aux plantes, ici ce sont les limnobium qui ont trinqué. Quand la nourriture vient à manquer ils deviennent cannibales, mais c'est vraiment pas le cas chez moi!

Bac à daphnies et gammares
D'autres rainettes sont venues bien vite agrandir la troupe et ont fini par coloniser chaque point d'eau dans le jardin, mon seau à cyclops, mon bac à daphnies et celui des gammares. Dans le seau ci-contre il n'y avait qu'un seul têtard, j'imagine bien Mme Rainette se dire: "Ben non, finalement ce seau est bien trop petit pour tous mes œufs, allons chéri trouver un nid plus spacieux..."!
Si vous demandiez à quoi peuvent bien ressembler les têtards à peine nés, eh bien, au premier abord, ce sont des alevins comme les autres. La seule différence est que les minuscules têtards se collent à la vitre de l'aquarium, c'est leur seul point de distinction. A part ce détail, ils sont tout aussi agiles que les alevins, se déplacent rapidement et nagent très bien. Voici une petite vidéo des têtards dans mon bac à gammares en train de dévorer un cadavre. Ils ne mangent pas le vivant, en revanche ils n'hésitent pas à engloutir des cadavres, seraient-ils des détritivores tout comme les aselles ou les ostracodes? 


Cet aquarium doit être vraiment sympa pour que même les araignées d'eau viennent le coloniser. Je ne sais comment elles sont venues ni pourquoi elles ont choisi d'y habiter, en tout cas elles font des petits, ça saute dans tous les sens quand je dois enlever l’excès de plantes flottantes. Avez-vous déjà vu les parades d'intimidation qu'elles mènent, se dressant sur leurs deux pattes arrières verticalement et semblant se boxer avec celles de devant?


Pour finir, si vos voisins se plaignent à cause des coassements nocturnes, vous pourrez toujours leur rétorquer que les rainettes sont protégées, qu'il est interdit de les capturer, de les transporter ou de les déplacer. Oui, elles sont protégées car elles sont victimes de la pollution des cours d'eau et de l'assèchement des mares, sans parler des prédateurs que sont les serpents et les chats. Vous pourrez leur dire également que leurs chats non opérés font plus de dégâts dans les jardins qu'une simple grenouille, sans parler de la voix de crécelle de ces mêmes voisins qui est bien plus dangereuse pour l'équilibre psychologique pour ceux qui doivent l' entendre que le coassement des rainettes. Ce qui est sûr, c'est que les chats, eux, ne seront jamais en voie d'extinction!
Il ne s'agissait pas de faire un article savant sur la classification des rainettes, ni sur leur distinction d'avec les grenouilles et les crapauds, des sites spécialisés existent, il s'agissait simplement au moyen d'un reportage-photo ludique de dire que la protection de l'environnement commence dans nos jardins.

Ouf, j'arrive au bout!
Pour finir, voici un enregistrement du chant d'amour de mes rainettes à moi, peut-être que cela vous permettra de vous remémorer des souvenirs de jeunesse plus ou moins enfouis.


A l'heure où je finalise cet article dehors ça tonne et çà gronde, décidément c'est la fête à la grenouille!

Stay in touch!
Dani