mardi 31 juillet 2012

Bassinarium au 31 juillet.

Vue d'ensemble
Quatre mois après la réintroduction des Tanichthys, la végétation s'est bien développée, le bassin ressemble à une vraie petite mare presque sauvage.

Je dis bien « presque » car sans mon intervention le bassin n'aurait pas du tout le même aspect. En effet, j'ai rajouté des plantes qui ne sont en rien des plantes autochtones, comme les Echinodorus grandifolius et ozelot, de l'Hygrophila salicifolia et pour ce qui est des flottantes de l'Azola caroliniana.

L'Azola caroliniana se développe très bien, elle recouvre la surface comme un tapis doux d'un beau vert. Je suis obligé d'en enlever chaque semaine une ou deux poignées, pour éviter qu'elle ne finisse par recouvrir entièrement la surface de l'eau, privant ainsi d'oxygène les habitants du bassin. Ce sont mes tomates qui vont en profiter l'année prochaine par compostage interposé.

Hygrophila Salicifolia
Les Echinodorus et l'Hygrophila se portent très bien également, il est vrai que la température leur est favorable pour le moment. A l'automne je m'attends à les voir dépérir quelque peu mais je compte leur faire passer l'hiver tant bien que mal dans la véranda. Je trouve ces plantes simplement superbes.


Hydrocaris Morsus Ranae
J'ai comme projet la création d'un bassin avec pour seule végétation des plantes autochtones. Ce projet ne prendra forme réellement que l'année prochaine, si tout va bien, mais j'ai d'ores et déjà introduit un spécimen d'Hydrocaris Morsus Ranae ou communément appelé « grenouillette ». Plante présente dans la grande majorité des régions de France sauf en Provence Alpes Côte-d'Azur, région où elle est dorénavant protégée car devenue rare voire inexistante. Je l'ai obtenue il y a peu lors d'un échange de bons procédés, mais on peut la trouver en vente sur internet. J'espère la revoir au printemps prochain plus belle et plus prolifique.

Cette année la Spirodela polyrhiza remplace à merveille la fameuse lentille d'eau ou la Lemna minor qui est beaucoup trop envahissante à mon goût. La Spirodella est plus agréable esthétiquement avec ses feuilles flottantes plus grandes et d'un beau rouge foncé sur sa partie immergée, de plus elle est habituée à nos climats puisque présentes pratiquement partout en France.

D'autres plantes rustiques sont prévues et tous les jours j'attends le facteur avec impatience, mais chaque chose en son temps, ceci fera l'objet d'un autre billet plus tard.

Des crevettes Red Cherry sont venues compléter la faune de mon bassinarium. Elles sont bien costaudes car habituées aux hivers du grand nord, région dont elles proviennent. Autant dire d'emblée que je ne les vois jamais, occupées à brouter les algues au fond du bassin et parmi la végétation dense, elle sont pratiquement invisibles. L'important est de savoir qu'elles sont là quelque part et qu'elles sont heureuses.

Il y a encore eu des naissances de Tanichthys au début du mois de juillet, si cela continue comme ça il va falloir que je pense sérieusement à les proposer à la vente ou faire des échanges!

Une mauvaise nouvelle!

Plus de coassements la nuit et donc plus d'espoir de voir des têtards dans le bassin. En effet le chat d'un voisin, sans doute dérangé par le raffut de la rainette, est venu un matin lui dire deux mots. Ni une ni deux, la pauvre rainette a finit sa vie la bouche ouverte, sans doute à la suite d'une crise cardiaque. Elle s'est retrouvée acculée par ce gros matou contre un mur, tremblante de peur et sans possibilité de repli, elle n'avait aucune chance. Il ne savait pas que les rainettes sont protégées, tout comme leur biotope, ce qui revient à dire que mon bassin est protégé également et tout ce qui y vit. Celui-là n'a pas finit d'avoir peur de moi, nom de nom!

Snif.

Enfin, et pour terminer sur un note positive, voici une vidéo de ce jour de mon bassinarium qui, j'en suis sûr, résonnera de nouveau des coassements assourdissants d'une nouvelle rainette, à bientôt!


samedi 28 juillet 2012

Coup de gueule!


Y'en a marre! 

L'objet du coup de gueule est le Carassius auratus auratus, sous sa dénomination commune « poisson rouge ». Le fameux poisson rouge, avec sa beauté et sa gaillardise, a fait chuter tant d'enfants dans les 'affres' de l'aquariophilie.  Il est vrai qu'il est irrésistible et fascinant aux yeux des enfants. C'est le premier poisson qu'ils voient en entrant dans un magasin d'aquariophilie, sa couleur rouge doit y être pour quelque chose, ensuite sa taille et enfin, lorsqu'ils s'approchent de la vitre, sa bouille sympa et, contrairement à beaucoup d'autres poissons, son entrain. Il est vrai que ce poisson-là, derrière sa vitre, ne se cache pas à la vue d'un humain, et dans son inconscience il semble signifier, «adopte-moi, adopte-moi» pour son plus grand malheur! 

En effet, dans la grande majorité des cas, ce poisson finit sa vie prématurément d'une manière misérable, seul bien souvent, dans un récipient exigu comme un aquarium minuscule, une boule en verre ou un nano-cube ridicule, devenu à la mode ces dernières années. 

Comme si nos animaux, et la nature en général, devaient se plier à des modes inventées par des humains avides et sans aucun scrupule.

J'aimerais comprendre ce qui pousse les parents à céder aux caprices de leur enfants? Ils adoptent un poisson rouge sans chercher à inculquer à leurs rejetons comment satisfaire les besoins de leur nouvel animal domestique, car il s'agit bien d'un animal domestique au même titre qu'un chien ou un chat. 
Les parents n'ont-ils pas pour vocation d'apprendre le respect de leur semblables et de l'environnement, ne doivent-ils pas leur inculquer certaines valeurs  ? 

Il est vrai que les idées reçues sur le poisson rouge sont bien encrées et, les parents eux-mêmes, en sont souvent prisonniers. 





Idées reçues sur le poisson rouge:
  • Un poisson rouge n'a pas de mémoire ou a une mémoire de trois secondes; ce qui signifie qu'un poisson rouge peut tourner dans une boule en verre toute sa vie sans jamais ressentir aucun désagrément, vu qu'il n'a pas de souvenirs, il n'a donc aucune conscience de ce qui lui arrive.
  • Un poisson rouge est un poisson rustique et donc facile à  maintenir, ce qui veut dire qu'on peut le garder dans un minuscule bocal, ou un petit aquarium, et qu'il suffit de changer son eau n'importe comment. 
  • Un poisson rouge mange tout, il est omnivore; donc pas besoin de se préoccuper de son alimentation, la nourriture toute prête vendue dans les magasins suffit.
  • Un poisson rouge est facile et est à la portée de tout le monde; autrement dit, aucune connaissance des besoins de ce poisson n'est nécessaire, tout le monde peut l'avoir chez soi sans aucun problème. 
Remettons les choses à leur place:
  • Il a une mémoire de trois mois et non pas de trois secondes, comme prouvé par des scientifiques américains à l'issue de leurs expériences effectuées sur le poisson rouge. Il ressent très bien la douleur et cherche à l'éviter s'il le peut, également prouvé. Il est certain que dans une boule en verre la douleur ne peut être évitée, c'est pourquoi il se laisse mourir rapidement.
  • Un poisson rouge est rustique dans le sens où il est capable de supporter les chaleurs de l'été et la froideur de l'hiver. Mais, comme tous les poissons, il a besoin d'évoluer dans un vrai milieu aquatique, nager au dessus d'un vrai substrat et parmi de vraies plantes. Le poisson rouge a besoin d'un vrai écosystème comme n'importe quel autre poisson de plus petite taille ou de ceux dits « exotiques ».

  • Il a aussi besoin d'une période de repos durant une période de l'année que l'on appelle communément l'hiver. Durant cette période il hiberne sous une couche de glace, et ne se nourrit plus, il réapparaît à la surface aux premiers rayons du soleil printanier encore plus beau et plus vigoureux.
  • Un poisson rouge est omnivore, il se nourrit d'insectes tombés dans l'eau, de larves de moustiques, de petits crustacés et de plantes. Il adore grignoter certains végétaux à feuilles tendres et se régale des lentilles d'eau. Les paillettes pour le poisson rouge sont comme la nourriture des fast-food pour les humains, il survit mais ne ne vit pas pleinement.
  • Il a besoin d'espace pour se développer pleinement, car à l'âge adulte il atteint entre 30 et 40 cm dans la nature. Il vit entre 20 et 30 ans, voire plus, se reproduit uniquement à l'extérieur et jamais en aquarium. Il lui faut une nourriture naturelle et variée.

  • Enfin, c'est un poisson à l'instinct grégaire très développé, il commence à se sentir bien à quatre minimum, à plusieurs il est le mieux.
  • Laissons-le donc à ceux qui ont les moyens de le maintenir dans de bonnes conditions, dans des bassins suffisamment grands. Les autres peuvent se consoler en adoptant des poissons tout aussi attrayants mais qui n'ont besoin que d'un tout petit espace comme les Killies ou les Combattants, les nano-cubes de 20/30l leur vont très bien.

    Mon bassin à poissons rouges
Plus aucune excuse!
Il appartient aux parents de jouer leur rôle en expliquant à leurs enfants pourquoi ils ne peuvent adopter un poisson rouge, ce faisant il pourraient leur inculquer le respect de la nature et de la vie en général. A l'heure d'internet il n'est pas permis de faire des erreurs aussi grossières que celle de cloisonner un poisson rouge dans un bocal. Toutes les informations sont accessibles, il suffit d'aller à la pêche.

Dans le but de protéger le poisson rouge des mauvais traitements, certains pays ont interdit la vente des boules en verre, mais ce n'est pas suffisant, il faut aller plus loin en protégeant cet animal au même titre que les chiens et les chats. On sait que l'interdiction de la vente des boules en verre ne protège en rien les poissons rouges, il suffit pour le vendeur de proposer un aquarium rectangulaire d'une vingtaine de litres pour contourner la Loi.  Le mieux serait une éducation des jeunes enfants à la base, leur apprendre le respect de tous les êtres vivants en général.

Enfin, pourquoi ce coup de gueule, parce que j'en ai assez de voir des parents acheter des poissons rouges à la va-vite, sans se préoccuper de leur devenir, et seulement dans le but de faire taire leur gosses qui braillent dans le magasin.

J'ai vu des parents quitter une jardinerie avec un nano-cube d'une trentaine de litres, deux poissons rouges, un sac de sable, un godet d'Higrophila corymbosa et un autre de polysperma, le bac ne faisait pas plus de 25cm de haut, et peu importe le cyclage du bac et l'établissement d'un écosystème!

Pour conclure,

L'aquariophilie est une formidable occasion pour étudier la vie aquatique et développer le respect de nos enfants envers les êtres vivants. Saisissons cette occasion pour apaiser Mère Nature qui ne cesse de gronder devant tous les affronts dont elle est victime. Si nous continuons dans cette voie, il se pourrait bien qu'elle s'en prenne à l'humanité puisque la nature peut survivre sans les humains.

Mais rappelons nous bien que nous, nous, ne pouvons survivre sans elle.

Stay in touch!